Bacchalauréat D en poche, mention "assez bien", complété par un 18/20 en option informatique ( cette note n'a pas compté puisque j'ai eu mon bac au premier tour ), j'ai intégré l'IUT Mesures Physiques.

A cette époque, j'imaginais mon métier dans la recherche fondamentale. La plupart de mes efforts se portait sur la démonstration et la découverte de nouveaux procédés, la mise en adéquation entre ce qui est observable et la théorie tirée des mathématiques.

Les sujets abordés étaient un peu hors du commun et nécessitaient un travail créatif énorme de production de valeur ajoutée. L'IUT développe ses programmes en partenariat avec les laboratoires de recherche de la région grenobloise. Les enseignemants sont des chercheurs et des enseignants de l'académie.

L'IUT dépend du Ministère de la Reherche.

Les domaines visités étaient :

- l'électricité, la thermodynamique, la chimie minérale, l'optique, l'électronique, les mathématiques de l'ingénieur, la régulation, les matériaux, la cryogénie, les technologies du vide, la microélectronique, la mécanique des fluides, la spectrométrie, l'électrochimie....

- l'enseignement était composé de cours théoriques en amphithéatre, de travaux dirigés en salle de classe, et de travaux pratiques en laboratoires, ces travaux pratiques pouvant être dirigés ou non, mais la plupart du temps, nous suivions le fil défini par le cahier de manip. Chauq e TP se faisait en binôme ( 2 étudiants ).

l'enseignement était dense, plannifié sur 2 ans, et l'on avançait exclusivement avec une approche R&D, apprentissage par le raisonnement et la pratique expérimentale.

Un travail personnel important était nécessaire le soir à la maison pour pouvoir avoir au mieux le niveau.

Un esprit de compétition était bien présent, puisque 90 étudiant sur 130 passent en deuxième année.

2 options existent pour la deuxième année : Techniques instrumentales et Mesures et contrôles physico-chimiques.

Ces 2 options ont un tronc commun important. Elles se différencient pour la première par un gros module nommé "mécanique, optique, vibration, accoustique", et pour la deuxième "microélectonique, électrochimie, spectrométrie, matériaux".

Qui, issu de cette école, ne se souvient pas :

- Avoir construit un multimètre ( Voltmètre, Ampèremètre et Ohmmètre ) à aiguille, par le calcul et l'association de plusieurs résistances couplées, un bouton rotatif à crans en guise de calibre, et un galvanomètre, merci Mr Chevallier pour être resté avec moi après le TP pour resouder mes composants et m'avoir appris à le faire proprement. Grâce à vous, le multimètre a marché et nous nous sommes rendus compte que j'avais mal calculé les composants car nous avions un bonne marge d'erreur de mesure sur certains calibres.

- Avoir fait des calculs d'erreur sur les mesures à partir des informations données par la notice des dispositifs et de la connaissance des phénomènes physiques mesurés, afin de donner l'encadrement précis de la valeur des paramètres mesurés. ( Et oui, pour une mesure exacte, il ne suffit pas de lire ce qu'affiche un appareil de mesure ),

- Avoir monté un dispositif de mesure de températeure avec un pont de Wheatston, dont la théorie des mailles n'est pas si évidente que cela à mettre en oeuvre,

- Avoir mesuré et tracé des diagrammes de Fresnel, avec les montages R, L, C, la norme des tensions et leur déphasage.

- Avoir mesuré les valeurs maximales et les valeurs efficaces de tensions, intensités, puissances,

- Avoir décrypté tous les secrets d'un bon réglage oscilloscope, Merci la Guiche, mascotte de l'IUT et responsable des TP de première année.

- Avoir mesuré des distances focales de lentilles convergentes ou divergentes grace à un banc de mesure et un laser, puis en avoir déduit l'indice de réfraction du mtériaux de la lentille, Merci Francine, les cours étaient d'un bon niveau.

- D'avoir mesuré des franges d'interférences de rayons lumineux pour en déduire l'écartement des 2 sources lumineuses émettrices, et d'avoir utilisé cette méthode pour l'appliquer sur un réseau de sources lumineuses, puis plus tard de l'appliquer encore à l'analyse par rayon X et de déduire l'espace interatomique d'un matériaux, Mr Perrier, vous êtes un bon.

- D'avoir mesuré l'effet Pelletier avec un thermocouple fait uniquement de 2 fils de matériaux différents et soudés entre eux à l'une extrémité, puis branché à un microvoltmètre de l'autre, une température donnée correspondant une tension mesurable. Comment construire une courbe d'étalonnage et donner la sensibilité du dispositif,

- D'avoir fait de nombreux dosages pour déterminer le "titrage" de solutions ( réactions d'oxydo-réduction, acido-basiques ). D'avoir mesuré les impédances électrochimiques : un nombre impressionnant de TP dont le mode opératoire est quasiment toujours le même, mais où le champ d'observation est très vaste. Comment modéliser avec les mathématiques la position, le vitesse, l'accélération et la quantité de chaque molécule à n'importe quel endroit du bécher. L'enseignement de la chimie minérale était dispensé par un thésards très pédagogues. Tout était limpide, l'électrochimie et la spectrométrie par deux chercheurs un peu savants fous quand même.

- D'avoir travaillé en densité de probabilité de présence des électrons gravitant autour du noyau, alors qu'il n'est possible avec les outils de mesure en 1991 de connaître avec précision à un instant donné la position de l'électron et sa vitesse.

- D'avoir établi des formulations chimiques de réactions totales ou partielles,

- D'avoir étudié la stochiométrie et les types de liaison chimique entre atomes ( liaisons simples, doubles triples, soit des liaisons pi et sigma ), ainsi que la repérenstation en 3 dimensions de ces liaisons. Cours de Mr Martin, responsable de formtion de1ère année.

- D'avoir fait des calculs de radioactivité, telle que durée de décontamination exponentielle, épaisseur d'un mur d'isolement de la radioactivité, datation au carbone 14.

- D'avoir fabriqué un circuit intégré sur une plaque de silicium 2 pouces en salle blanche, en utilisant les procédés gravure chimique, photolithographie, diffusion, recuits, implantation ionique, dépot par spoutering, Cours et TP dispensés par Mr Mondon, qui est devenu responsable de la formation MCPC de l'IUT.

- D'avoir mesuré le profil des vitesses d'un fluide gazeux tansitant dans une conduite le long du diamètre, et de vérifier qu'il est bien parabolique ( la vitesse est nulle sur les bords et max au centre ). Merci Papy Thermo, grâce à vous, j'ai appris comment savoir si le régime d'un fluide sera turbulent ou laminaire, en partant des dimensions géométriques de la conduite et de la pression et débit du fluide à l'entrée de la conduite ( Calcul du nombre de Reynolds ),

- D'avoir utilisé un pyromètre pour évaluer à distance la température d'un corps placé dans un four à haute température

- D'avoir pointé une lunette astronomique en direction d'une étoile ou planète choisie à partir des coordonnées données par une carte du ciel, en tenant compte de l'heure terrestre, l'heure solaire, les coordonnées terrestres, ... Mr Perrier, c'est ce cours qui m'a le plus intéressé.

- D'avoir réalisé et mis au point de nombreux montages électroniques analogies et numériques : fonctions logiques, multiplexage, fonctions séquentielles, amplis opérationnels en boucle ouverte, en boucle fermée, filtres passe haut, passe bas, passe bandes, filtres passifs, filtres actifs, diagrammes de Bode, ampli op ... Bon niveau Mr Malle, prof de TP en électronique et asservissements.

- D'avoir monté et réglé des régulation de vitesse d'un moteur électrique, de position angulaire

- D'avoir calculé et mesuré le rendement d'une machine thermique ( frigo, pompes à chaleur ).

- D'avoir travaillé sur les alliages, les points de fusion en fonction de la composition de ceux-ci,

- D'avoi travaillé sur les courbes des statuts des éléments chimiques, en 3 dimentions avec les axes Pression, Volume et Température pour une mole.

- D'avoir travaillé sur la composition des atomes à partir de la table de Mendeleïef, sur les liasons chimiques et les énergies.

- D'avoir acquis des méthodes pour calculer des intégrales doubles et triples. Cours dispensé par un formateur de l'agregation des maîtres. Très clair, méthodique et efficace.

- D'avoir étudié les principes de décomposition d'un signal en série de Fourier, très utile pour filtrer et reconstruire n'importe quel signal à partir de signaux sinusoïdaux. signaux périodiques, fréquence, amplitude, valeur crète, valeur efficace,

- D'avoir travaillé sans rien comprendre sur les transformées de Laplace. Quelqu'un peut-il me dire à quoi ça sert ? Je crois que cette méthode sert à la transmission de signaux électro magnétiques, car on y parlait porteuse, principe utilisé pour la FM et l'AM de la radio,

- D'avoir mesuré des longueurs d'onde de signaux électromagnétiques,

- D'avoir mesuré à l'aide d'un gognomètre l'indice d'un prisme en obsevant la diffraction de la lumière de chaque raie,

- D'avoir mesuré la longueur d'onde d'un signal énergétique émit par un électron qui a été excité et qui redescend à son niveau initial, et d'en déduire la couche électronique à laquelle il appartient,

- D'avoir mesuré des champs magnétiques H et B, et d'en déduire la permanence électromagnétique d'un noyau,

- D'avoir calculé le nombre de spires d'un transformateur pour passer d'une tension V1 à une tension V2.

etc ....

L'enseignement se termine par un stage de 2 mois en industrie.

Cette formation se valide par un diplôme DUT en Mesures Physiques, qui est normalement reconnu ( qui devrait l'être mais qui ne l'est pas toujours malheureusement ) à l'échelon de technicien supérieur de niveau 3 en début de carrière dans la convention de la métallurgie. Le coefficient bien mérité est de 255. Il est prévu par la convention qu'il passe à 270 au bout d'un an, puis 285 au bout d'un an et demi si ma mémoire est bonne.

Pour les autres conventions collectives, ces coefficients ne sont pas les mêmes et je ne sais pas si la progression est identique.

Avant les années 1990, tous les étudiants en fin de cycle étaient placés dans les entreprises sans même avoir à chercher du travail.

A partir des années 1990, le marché de l'emploi s'est dégradé et l'on a vu des technicien jeunes diplômés avoir du mal à se placer. La durée moyenne pour trouver un emploi pouvait être en moyenne de 6 mois.

Pour ma part, après 17 ans de vécu industriel, je pense avoir fait le bon choix de formation initiale. Le formatage scientifique que l'on y reçoit est très efficace pour les sujets d'ordre techniques et scientifiques, et donne une vision terrain très réaliste, concrète, et permet d'identifier très rapidement quelle mesure technique adopter dans chaque cas de figure. Cela permet d'éviter de proposer des solutions démesurées ou inadaptées. Même si je n'ai que rarement fait de dosages chimique à la burette et au becher ( ça m'est quand même arrivé ), ce savoir permet d'assoire une crédibilité professionnelle grâce à la pertinence des méthodes utiliseés, qui sont très orienté terrain et pratique.

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