Reprendre une formation professionnelle, un projet de développement personnel complexe
Par Daniel COMBET le lundi 7 janvier 2008, 17:50 - formations - Lien permanent
Dans quel cas prend-on la décision de reprendre une formation professionnelle lourde ( > 6 mois ) ? Comment la financer ? Quels sont les enjeux et les risques ? Comment faire pour la rentabiliser et dans quel cadre peut-on le faire ? Repartir en formation est un projet lourd, il faut y être préparé, et il est bon d'avoir le soutien de son entourage proche.
Quel public souhaite se former et pourquoi ? Comment cela peut-il être interprété par un employeur ?
Je ne pense pas me tromper beaucoup en disant qu'il existe 4 cas de figure qui conduisent à prendre la décision de partir ou repartir en formation.
1/ Une personne ayant peu fait d'études peut se sentir bloquée sur le plan de l'évolution professionnelle. Lorsque cette personne est au chômage, en France, le manque de diplôme peut être un handicap pour trouver une place digne de ce nom. Partir en centre de formation permet d'entrer dans une voie métier, avec qualification. Pour une personne salariée, qui souhaite évoluer sur les plans des responsabilités et du salaire, la formation peut être une solution, mais elle ne fera pas tout. En effet, malheureusement, il s'avère que l'obtention d diplôme ne sera pas reconnu par l'employeur dans la majeure partie des cas. Afin de valider son nouveau statut, le salarié devra la plupart du temps changer d'entreprise.
2/ Une personne n'ayant pas travaillé depuis un certain temps peut avoir recours à une formation pour redynamiser son parcours. En effet, le manque de dynamisme peut être mal perçu par les recruteurs. D'autre part, l'inactivité est parfois une période durant laquelle l'individu ne sait pas ce qu'il veut faire, ce qui peut être masqué je pense par le manque de savoir quoi faire, ou simplement l'envie de faire. La recherche d'une formation peut êre la solution pour ouvrir son champ d'action.
3/ Une personne peut vouloir compléter sa formation, pour accéder à des fonctions d'expertise. Cette démarche est intéressante pour certains recruteurs, mais sur des postes dit de niche. Ces postes sont plus rares et donc difficiles à trouver, mais sont plus rémunérés. Cette expertise est à double tranchant dans la mesure où un employeur peut prétendre vouloir former lui-même ses nouvelles recrues.
4/ Une personne peut vouloir changer de métier. Pour cela, la formation peut être un choix judicieux dans la mesure où il n'est pas facile de se présenter en tant que débutant lorsqu'on a déjà un certain âge. Le retour au travail sera particulier car le statut oscillera entre expérimenté et débutant. Le parcours pourra être semé d'embuches au départ.
Quel est le bon moment pour partir en formation ? Comment s'y préparer ?
Intégrer un centre de formation n'est pas chose facile. Il faut être prêt à accepter d'être évalué, selon le cas, il faut être prêt à accepter de devoir travailler le soir à la maison, le week end également parfois, et gérer l'impact familial que cela peut avoir. Il faut être capable d'accepter d'écouter un formateur et d'apprendre de lui, éventuellement en étant assis à un bureau d'école toute la journée, comme si l'on retombait en enfance quelque part. Se former est un effort la plupart du temps. Se former, c'est tout sauf choisir la voie de la facilité, car il y a la prépartion avant d'entrer à l'école, il y a la formation en elle même, et il y a l'après formation.
Je pense que le bon moment de partir en formation est le moment où l'on se dit trop souvent que l'on s'ennuie dans son métier, que l'on aspire à autre chose. Le bon moment, c'est aussi lorsque l'on veut dynamiser son parcours pour relever un défit. C'est également lorsque l'on veut rajouter de la compétitivité à son profil et rajouter du piment à sa vie, à la recherche d'adrénaline. C'est enfin lorsque l'on veut se perfectionner, en trouvant en centre de formation des savoirs et savoirs faires que l'on ne peut pas trouver ailleurs.
La première étape consiste à faire un bilan, comprendre son parcours, connaître sa personnalité. Pour dégrossir, il est intéressant de faire le tour de sa position actuelle, de mesurer son évolution, et d'intégrer également sa personnalité hors contexte professionnel. La démarche consiste à rechercher quels sont les types d'entreprises compatibles avec mes compétences, leurs tailles, leur activité, d'identifier quel métier me correspond, et quels sont les critères d'accès à ces fonctions. Lorsque l'un des critères clefs est un diplôme, il ne reste plus qu'à trouver la formation qui me sera accessible et qui me permettra d'atteindre mon objectif. Lorsque le critère de l'expérience fonctionne, mais que mon expérience est différente, une formation adaptée me permettra peut-être d'affiner ma trajectoire.
Il est possible de devoir procéder par étape, lorsque le fossé entre ma situation actuelle et celle que je vise est grand, par exemple en enchainant plusieurs formations, espacées dans le temps ou non.
Quels sont les enjeux et les risques et comment faire pour rentabiliser sa formation:
Le risque de se planter pendant la formation est grand. En effet, certains partent du principe que le cerveau apprend lorsqu'il est stressé. C'est en étant sur la cellette que l'on donne le meilleur de soi ( ! )
Le risque de se planter après la formation est grand lorsque l'écart entre ce que je suis avant la formation et ce que je veux faire après la formation est grand. La formation est un excellent moyen, mais il est possible de devoir faire plusieurs essais avant de réussir. Le risque est également important lorsque l'on change complètement d'activité professionnelle, car tout est à réapprendre : les rouages de l'entreprise, les contacts, la culture et les us et coûtumes.
La formation a un coût. Il arrive qu'une partie des coûts ne soient pas pris en charge, voire la totalité des coûts. Je pense qu'il ne faut pas se lancer dans une formation qui n'est pas prise en charge. N'oublions pas que l'on travaille pour gagner sa vie. Ce serait un comble de payer plusieurs milliers d'euros pour une formation et finir par s'endetter lorsque l'on ne se reclasse pas rapidement. ( Il n'y a jamais de garantie de réussite, même si certains prétendent le contraire )
Il existe dans certains cas des formations intéralement payées par des organismes, c'est le meilleur cas que l'on puisse trouver. En revanche, très souvent, il faut s'attendre à une baisse de revenus conséquente durant la formation.
La plupart du temps, les formations proposées et dont on trouvera une aide financière par des services de l'Etat sont des formations sérieuses et reconnues sur le marché de l'emploi. Il se peut que l'on ne parvienne pas à rentabiliser ses nouvelles qualifications, dans un premier temps, mais il faut aussi faire preuve de patience. Au fil du temps, diplôme en poche, nous sommes amenés à rencontrer des professionnels. Au plus nous rencontrons des professionnels, au plus nous avons des chances d'être en poition de leur apporter quelque chose. Au fil du temps, le bouche à oreille fonctionne. S'il ne fonctionne pas, qu'à cela ne tienne, partons à la chasse aux contacts, effectuons des recherches et ciblons nos interlocuteurs en fonction de notre objectif. Tôt ou tard, un contrat sera signé., donnant ue nouvelle chance de mettre en pratique ses compétences et de rentabiliser sa formation.
Comment financer une formaion lourde :
Une formation a un coût. Il existe des administrations qui permettent d'aider au financement. Pour ma part, j'ai utilisé 2 recours :
Concernant ma formation AFPA, j'étais alors demandeur d'emploi. J'ai envisagé de compléter ma formation pour redynamiser mon parcours et compléter mes compétences. Je me suis rendu à une journée portes ouvertes de l'Etablissement, et j'ai informé l'ANPE de mon projet. J'ai constitué un dossier et j'ai été reçu en entretien à l'ANPE et à l'AFPA. Ma candidature a été retenue et l'Assedic a pris en charge le coût de la formation, en me plaçant dans un régime qui s'appelait alors l'AFR. ( Allocation Formation Reclassement ) A mon avantage, le montant de mon allocation chômage n'a pas été dégressif durant la totalité de la formation, puis a repris ensuite son cours normal, à la hauteur de ce qu'il devait être dans le cas où j'avais perçu mon allocation dégressive.
Concernant ma formation ingénieur, j'étais alors salarié. Mon employeur a sollicité tout notre service par mail pour nous demander si nous souhaitions partir en formation. J'ai été le seul à répondre et j'ai exposé mon souhait de devenir ingénieur ( Je souhaitais être ingénieur depuis l'âge de 20 ans ). Mon employeur m'a donc convoqué à un entretien. A vrai dire, il n'avait pas prévu de formation aussi lourde et mon projet sortait de son cadre. Il m'a ensuite été dit que ce projet était possible, mais en utilisant le financement Fongecif. En effet, chaque salarié a droit une fois dans sa vie à partir en formation financée par le Fongecif. Le Fongécif recueille des cotisations des entreprises et ces cotisations ont pour objectif de permettre aux employés de partir en formation, soit pour changer de métier, soit pour acquérir des qualifications supplémentaires. J'ai donc constuit mon projet et défendu mes arguments de motivation et d'objectif professionnel lors de dossiers et d'entretiens au Fongecif même. Mon projet a été accepté. Je ne souhaitais pas rester dans mon entreprise pour des motifs qui dépassaient le cadre de l'entreprie même, que j'ai expliqué à mon employeur qui les a bien compris. Mon employeur aurait souhaité me garder et me faire évoluer.
Le Fongécif a pris en charge 90 % de mon salaire, et un coût de 50 000 euros de formation. Cependant, la formation était prévue sur 20 mois, et le salaire n'était pris en charge que sur 13 mois. Les 7 derniers mois étaient prévus pour un stage en entreprise. Or, les entreprises ne donnent qu'une petite indemnité à leur stagiaire ( 1/3 du Smic ) lorsqu'elles acceptent d'indemniser les stagiaires. A 35 ans, mes charges financières n'étant pas les mêmes qu'à 20 ans, j'ai du transgreser un peu la loi : j'ai négocié un licenciement avec mon entreprise, pour que l'Assedic prenne le relais par le biais de l'assurance chômage. Mon employeur, avec qui j'étais en très bon termes, n'avait pas envie de se séparer de moi au départ, mais la crise économique arrivant, l'employer a quand même accepté. ( Théoriquement une entreprise n'a pas le droit de licencier un salarié en congé de formation, sauf pour raison économique ). L'ANPE a basculé mon statut une nouvelle fois en AFR et mon allocation n'a pas été dégressive durant la fin de ma formation.
Le chemin n'a pas été simple mais j'y suis arrivé.
Je me suis ensuite orienté vers une fonction de Consultant, métier que j'avais envisagé lorsque j'ai défendu mes motivations ( sauf que je ne savais pas que ce métier portait le nom de consultant ). J'ai eu plusieurs opportunités dans le secteur automobile et une dans le secteur aeronautique. Je venais du secteur microélectronique.
Commentaires
Bonjour!
Moi aussi je cherche à me ré-orienter, je veux changer de métier, c'est pourquoi je suis tombé sur ce blog.
Mon adresse est le suivant darasy.ros@atosorigin.com
Cdt
Bonjour
J'y songe depuis le début de ma carrière professionnelle...qui n'a rien à voir avec ma formation (biologiste)...je suis consultante et je ne m'épanouis pas dans ce métier. A qui puis-je m'adresser? Auriez-vous quelques conseils? Une piste?
Cordialement
mon adresse mail: campana.s@free.fr
Merci!